30.9.16

Horatii Carmen 1.5


Which young boy in a rose garden of blooming flowers
soaked in smelly perfume urges you, Phyrra, now
     in your delicate cavern?
For whom tie you your yellow hair
back in simple restraint? How many times will he
shed tears over the changed fates, and your lack of faith
     and be awed by the waves, rough
with black winds, in his ignorance?
He who now can enjoy you and believe you’re gold,
he who always expects you’ll be in love and free
     from cares knows not a thing of
fallacy. How unhappy those
you lead on like a tease: I, with a picture of
my escape on the church wall, have been hanging up
     soaking clothes that I give the
          potent deity of the sea. 
music written and performed by Derek Pinkham
lyrics by Robert Walker

2.9.16

You Cannot Trust Him If you don't love him



You cannot trust him, if you don’t love him.
The truth is hidden in warm, sweet flesh and
his voice so close to your ears. He whispers
the words you wanted to hear and listen
to, fall asleep to. Be close to him when
the phantoms close in behind the darkness,
the light you recently turned deep down, when
the daemons aren’t your friends around you.

Tomorrow’s sun is already costumed
in fine silk threads. In your blond, dark head you
imagine what isn’t true is true; you
succumb too easily to subterfuge.
The machinations your mind goes through do
perform mean tricks on you while you dream. Soon
the morning comes and you’re still worried you’ll
be unable to say what you mean then.



19.8.16

Lefkosie


copyright 2014 tout coule

(un roman inachevé)

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chapitre un


La chaleur était plutôt de l'ordre tolérable, au dessous de la voûte vertigineuse de palmiers et d'eucalyptus. On but une gorgée pendant que le soleil coulait entre les deux longs nuages parallèles que l'on ne voyait pas aux horizons marchant vers l'est. L'iridescence tombant du ciel parvint à asperger quelques endroits autour de nous, que la voûte n'adombrageait pas. On s'était allongés sur un tapis de feuilles mortes, crispées dans la friteuse qu'était la forêt. Les enfants se couchèrent, l'un à côté de l'autre, sur la pente que donnait un berceau de racines déterrées, au bas de la colonne camouflée d'un eucalyptus ancré dans la terre raide. Je fumai une cigarette, laissant stagner les volutes de mon haleine brumeuse. Quand j'eus tout imbibé, je me mis à tourner en m'éloignant progressivement des enfants. Je revins à notre camp dans le noir. Le garçon fut déjà parti.
Sans faire de bruit, je rassemblai les armes qu'il avait laissées derrière et je réveillai la petite pour partir. Elle tripota autour, trouvant ses sandales et sa poupée. Avant de mettre ses chaussures, elle s'agenouilla devant la déesse pliée en angle droit, et murmura un chant en son honneur, rythmique et plaisant. C'était la chanson de réveil, qui redonnait naissance au monde. D'habitude on la chantait au retour de la lumière, mais les choses étaient un peu à l'envers, alors on s'adaptait.
Après avoir déjeuné sur des figues et des barres de sésame avec sa prêtresse, la poupée se fit remise à sa place dans le sac à dos, à côté des munitions. Le nuage bloquait toute lumière maintenant, on allait avoir un peu de temps, ou peut être un peu plus, pour pouvoir bouger tranquillement. Il fallait s'habituer à la marche dans le noir mais nous préférions tomber sur un loup que sur un nid de sniper. Et puis il faisait terriblement doux, tout d'un coup comme ça, sans la tyrannie du soleil. La vie semblait s'arrêter, même s’il n’y en avait eu aucune trace auparavant, on pouvait imaginer ce que c'est que la mort.
Quand le nuage était particulièrement dense comme ça, on pouvait se permettre de s'arrêter et de faire sommeil comme un bébé, cachés des regards thermiques dans les sous bois, mais c'était vexant de se réveiller dans le noir. De ne rien souvenir de ce qu'il y avait autour de toi, ni de combien de temps tu avais dormi. Dans ces cas, il fallait attendre encore que le soleil revienne et brûle tout devant lui, dans un brouillard violet. Quand les retombées eurent goupillé suffisamment sur les larges frondes des palmiers, elles tombèrent en gouttelettes roses qui illuminèrent le sol.
Et puis lorsque cette aube terrestre se déclara, les aboiements de l’artillerie ne tardèrent pas à cracher de nouveau, venant de la ville en échos qui raclaient dans la forêt. Quand on se trouvait dans les parages des zones ciblées, on resta où on se fut planqués et fit semblant de se moquer des missiles errants.
En suivant le sentier dans le noir, on pouvait dégouliner dans les passages étroits de la montagne, et même courir avec les yeux fermés, parce que les pieds y voyaient mieux. Dans la sûreté de l'ombre, avec Isabelle sur mon dos et le petit se précipitant devant comme un chevreuil, nous avions mis des longues distances aveugles et insensées entre nous et Lefkosie. Parfois lors des intervalles sombres des nuages, nous escaladions les côtes rocheux et accidentés des Kyrénies, pour tracer l'échine de leur dos comme des déments drogués et suicidaires. Accumulant un élan surnaturel, on grimpait les falaises en trois ou quatre mouvements brutaux, rechutant après dans le noir le temps de quatre ou cinq battements du cœur, à peine glissant sur les roches aiguisée et invisibles au fond d'une crevasse, avant de sauter ou retomber encore.
Mais on n'avait pas toujours la force de laisser affluer ses jambes. Alors on se contentait d'aller plus lentement, en trébuchant comme des aveugles pendant des éternités entières. Ramper les pentes raides. Sasha, lui, n'en manquait jamais d'énergie et filait loin devant lorsqu'Isabelle, sa sœur, et la déesse, Parpija, et moi commencions à traîner trop.